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Frais de tenue de compte : Echange de mails d'un client avec sa banque, 11/06
Bonjour. Je dispose actuellement d'un compte joint dans votre établissement. Il y a 3 ans, j’envisageais d'y transférer également mon compte personnel. Mais c’est à cette époque que sont apparus les frais de tenue de compte, ce qui m’a dissuadé. Mon profil : Revenus : 3000 euros / mois Encours : Supérieur à 2000 euros Prélèvements automatiques : 1 / mois Virements externes : 2 / mois Virement vers ***** (interne) : 1 / mois Retraits aux distributeurs : 4 * 100 euros / mois Chèques émis : Occasionnel (moins de 10 / an) Pensez-vous qu’un tel profil puisse être exonéré de frais de tenue de compte ? Merci de votre réponse. Cordialement, ***** Bonjour M. *****, En réponse à votre message, je vous informe que ces frais s'appliquent à tous nos clients et nous permettent de poursuivre l'amélioration de l'offre (nouvel espace bourse, renforcement de la sécurité du site, nouveau site parrainage ...) et de la qualité de services d'*****. Ainsi, chaque client participe un peu et de façon équitable au développement de sa Banque: les frais de tenue de compte sont facturés 7.50 euros par an, ce qui représente 62 centimes par mois. Notez qu'avec ces aménagements, nous restons l'une des banques les moins chères du marché avant les augmentations des autres établissements qui subissent les mêmes conditions de marché que nous J'ai donc le regret de vous informer qu'il n'est pas possible de vous exonérer de ces frais. Je reste à votre disposition pour de plus amples renseignements, Cordialement, ***** Votre conseiller clientèle par Internet. Bonjour. Merci de votre réponse, argumentée mais hélas pas convaincante. Il est en effet tout à fait anormal que le client soit sollicité pour participer directement à des investissements « d’amélioration de l’offre » et de « développement de sa banque », puisqu’à terme ces améliorations restent la propriété de l’établissement (et lui servent notamment à conquérir de nouveaux clients). Investir, améliorer l’outil, c’est là le rôle d’un actionnaire, et non pas d’un client. Dans toute entreprises normalement constituée, les bénéfices résultent du chiffre d’affaire, moins les frais, moins les investissements. De même, suivant cette règle, les frais imputables au fonctionnement d’un compte doivent être déduits des produits qui en résultent. Or un compte de dépôt rapporte en moyenne bien plus de 62 centimes par mois, dès lors que le client y a domicilié ses revenus. C’est ainsi qu’un nombre croissant de nos concitoyens considère la relation avec la banque comme un échange de prestations : « Je te prête gratuitement mon argent, tu me rends gratuitement les services courants ». Le refus des banques de se situer dans ce cadre relationnel est à l’origine d’un conflit qui s’épaissit, et dans lequel les banques ont tout à perdre. Sincèrement navré que notre négociation n’ait pu aboutir. En espérant néanmoins avoir fait avancer votre réflexion. Cordialement, *****
Louis F., Bois-Colombes, 04/11/06
La liberté du consommateur et la libre concurrence - deux principes de base du marché - sont purement fictifs en ce qui concerne les services bancaires. J'en veux pour preuve le coût dissuasif qui vient de m'être facturé par ma banque avec laquelle j'avais, depuis près de dix ans, cumulé les désagréments, sans avoir le courage d'entreprendre les longues démarches que constitue l'opération de changement de banquier. Une dernière incompétence dans la mise en oeuvre d'un prêt immobilier m'a conduit à passer aux actes. Cette dernière incompétence ayant failli me faire manquer l'achat d'un bien et m'ayant obligé à des transactions financières d'urgence qui m'ont valu un surcoût de l'ordre de 400 euros, dont évidemment ladite banque fut tout à fait désolé ... Les frais de clôture du compte courant sont désormais nuls, mais pas les coûts de transferts. Ainsi le transfert du PEA m'est facturé 318 euros, le transfert de quelques valeurs immobilières à peu près le même montant. Et il faut compter la mise en place chez le nouveau banquier des prélèvements automatiques soit en ce qui me concerne près de 130 euros, soit donc un total de plus de 750 euros. Et je ne comptabilise pas le temps passé et les courriers avec les divers organismes qui pratiquent le virement sur compte - caisses de retraite, sécurité sociale, mutuelles, etc. Véritablement, le changement de banque est un sport réservé à ceux qui ont du temps et de l'argent à perdre. Il est urgent de pousser un cri d'alarme sur cette profession qui bafoue en toute impunité et avec le sentiment d'être intouchable, nos lois fondamentales.
Dominique P., Lyon, 15/07/05
J’ai ouvert un compte courant chez [***] en 1997. Les conditions tarifaires proposées à l’époque étaient parmi les plus avantageuses, et réputées comme telles dans l’opinion et dans la presse. Or, bien que mon compte, régulièrement approvisionné et créditeur, ait toujours fonctionné normalement, la banque a, courant 2003 et du jour au lendemain, commencé à me prélever des « frais de tenue de compte », à raison de 2 euros par mois. J’en avais paraît-il été averti par un courrier accompagnant mon relevé quelques mois plus tôt, et cela semblait légitimer l’opération. Depuis 1997, de nombreux services, alors gratuits, sont devenus payants. Ceux qui étaient payants ont été augmentés dans des proportions sans commune mesure avec les indices du coût de la vie. Pourquoi les banques ne sont-elles pas tenues de respecter les termes des contrats qu’elles signent avec les clients et sur la base desquels ces derniers leur ont confié leurs fonds ? Changer après coup les règles du jeu, inventer des « services » et les rendre obligatoires et payants, facturer des opération incontournables, ou précédemment gratuites, alors même que leur gratuité était surlignée dans les dépliants tarifaires et avait fait l’objet de campagnes publicitaires ciblées, voilà des comportements scandaleux et contraire aux règles commerciales les plus fondamentales. Seulement voilà, les règles, aujourd’hui, plus personne ne semble assez fort pour les opposer aux banques. Certaines associations ont même, début 2005, osé présenter comme une « victoire » le fait d’avoir « obtenu » la gratuité de la fermeture de compte en cas de désaccord avec sa banque. C’est la plus belle des hypocrisies. D’abord parce que la gratuité de la fermeture de comptes est une obligation légale (décret 2001-45 du 17 janvier 2001). Ensuite, parce qu’à chaque changement de banque, ce sont des heures de recherche et de comparaison de tarifs, des mises en place de virements et de prélèvements, des échanges de courriers avec des administrations, des risques d’oubli susceptibles de générer des pénalités. Tout cela prend du temps au consommateur, qui ne demandait rien d’autre que le respect de sa convention de compte, et ce temps n’est pas gratuit. Enfin, que vaut la gratuité de la fermeture de compte, dans un système où le consommateur n’est pas libre de refuser de confier son argent aux banques, et où, de ce fait, la concurrence entre les établissements est pour ainsi dire inexistante. L’absence de véritable concurrence, le mépris des tribunaux pour des conflits portant souvent sur des petites sommes, les tarifs d’adhésion des associations de consommateurs, eux-mêmes supérieurs aux montants litigieux, le silence complice de la presse financière muselées par leurs régies publicitaires, voilà bien le contexte dans lequel évolue le consommateur, livré, abandonné comme jamais aux fantaisies tarifaires des banques et à leurs surenchères. J’ai fini par quitter [***] juste avant les vacances. Mais je ne dirai pas vers quel établissement j’ai transféré mon compte. Dans le climat actuel, j’aurais trop peur d’envoyer vos lecteurs vers un établissement dont les attraits tarifaires ne sont peut-être qu’éphémères, et destinés à attirer les gens en masse avant de les trahir. |
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